123Gravir/LeBlog


Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

jeudi 20 juillet 2017

Tête de la Balme (Beaufortain)

    Au lendemain de la Grande Sassière, les prévisions météo à moyen terme n'étant pas meilleures, nous avons opté pour une journée d'escalade. Le secteur choisi fut celui du Refuge de la Balme pour y gravir la Tête du même nom située au pied de la Pierra Menta. Une première pour quelqu'un plus accro aux courses de neige, d'arêtes ou mixtes, où l'usage des crampons prend le pas sur celui des chaussons. La course cotée AD consiste en une succession de dalles inclinées et de ressauts plus raides. La voie de 200 m environ comporte 11 longueurs et a été équipée, ce qui permet de limiter le matériel à emporter. Elle se raidit progressivement à mesure que l'on progresse pour finir sous le sommet par un passage en 5a, avant de gagner une arête qui vient buter sur la Pierra Menta. La journée s'annonçait belle et nous n'avons donc pas trainé à gagner les hauteurs de la Cote d'Aime jusqu'à l'extrémité de la route au Sud-Est du Mont Rosset.


Tête de la Balme sur fond de Pierra Menta 

     Du parking, on emprunte la longue piste et le GR5 qui conduit au Refuge de la Balme. Petit arrêt pour discuter avec le gardien, prendre un café et c'est reparti vers le Nord en direction du Col de Bresson. On quitte rapidement la piste pour traverser le torrent de l'Ormente et emprunter une sente qui se dirige vers le Sud-Ouest et le Col de la Charbonnière. Au-delà de la Tête de la Balme, une vague trace dans la végétation remonte droit dans les courbes de niveau et permet d'atteindre le cairn indiquant le départ de la voie. Le temps de s'équiper et c'est parti pour un enchaînement de longueurs. Un seul mot vient à l'esprit : ludique ! Du sommet, on entame la descente à travers des éboulis instables puis un amas de blocs avant de poursuivre à vue dans les alpages et regagner le chemin de montée. Repas au refuge suivi d'un arrêt photo devant un magnifique Lis orangé et terminer on ne peut mieux une sortie dans le Beaufortain qui ne restera pas sans suite.

Juin 2017

mardi 11 juillet 2017

Aiguille de la Grande Sassière (Alpes Grées)

    Comme souvent en montagne, la météo dicte sa loi à laquelle il convient de nous conformer. En cette fin du mois de juin, la canicule qui a sévi pendant plusieurs jours rendait délicates les courses d'alpinisme à des altitudes modérées. Aussi, afin de trouver des conditions plus favorables au-delà de 4000m, pourquoi ne pas se tourner vers le Massif du Mont Rose que nous avions pu observer précédemment depuis le Passo del Monte Moro. Malheureusement, une période de forte instabilité était annoncée et il ne paraissait pas prudent de nous engager. L'évolution des conditions les jours suivants nous donnera raison. Nous nous sommes alors tournés vers d'autres activités de montagne modulables au jour le jour : randonnée alpine, course mixte, escalade et via ferrata. La montagne regorge en effet de possibilités. En guise de première sortie, direction la Grande Sassière dont nous avions parcouru la réserve naturelle précédemment. Avec un denivelé avoisinant les 1500 m et une altitude dépassant les 3700 m, nul doute qu'il ne fallait pas trainer pour en entamer l'ascension.


Massif du Mont-Blanc depuis le sommet de la Grande Sassière 

     Réveil très matinal donc et départ peu après 5h par un sentier qui grimpe droit dans les courbes de niveau. Les conditions sont optimales tant au niveau de la température que du terrain. Après une large boucle en direction de la Grande Combe et le passage furtif de quelques bouquetins et chamois, on entame le tracé qui parcourt l'ensemble de l'arête, avec des ressauts successifs, dont la montée finale par une trace instable. Le panorama au sommet est exceptionnel, étalant sous nos yeux quelques-uns des sommets que nous avons eu l'occasion de gravir précédemment, notamment en face Nord lorsque les conditions de neige étaient favorables : la Tsanteleina et la Grande Aiguille Rousse à nos pieds, le Mont Pourri et la Grande Casse plus à l'Ouest et, au loin, la Grande Ciamarella et le Grand Paradis. Au Nord, le Dôme des Glaciers, le Mont-Blanc et les Arêtes de Rochefort. Le froid se fait alors ressentir et on entame la descente de l'arête rocheuse pour atteindre le glacier et rejoindre plus bas l'itinéraire emprunté à la montée. Retour dans les rocailles puis les alpages abondamment fleuris. Mémorable !

Juin 2017



lundi 29 mai 2017

Roche à Lomme (Calestienne)

    Ce promontoire rocheux, qui domine la confluence de l’Eau Blanche et de l’Eau Noire, se dénommait anciennement la Roche à l’Homme. Selon une légende, un gardien de troupeau y chuta depuis son sommet et une croix fut alors érigée en signe de commémoration. La dénomination actuelle - la Roche à Lomme - rappelle que ce rocher fit au Moyen âge office de borne pour le Pays de Lomme, dont la frontière Sud-Est était constituée par la rivière du même nom. De nombreux vestiges témoignent par ailleurs d'une occupation des lieux par l'Homme qui remonte à la préhistoire et qui s'est poursuivie au cours des siècles. Quant à la Montagne-aux-Buis, sa dénomination dialectale est Tienne-aux-Pauquis. Le terme "pauquer" fait en effet référence à la fête de Pâques, et plus précisément au dimanche des Rameaux qui la précède et aux cérémonies durant lesquelles sont habituellement utilisées, dans nos régions, des branches de buis.

Croix sommitale sur fond de Montagne-aux-Buis 

     Le denivelé étant des plus modestes, nous avions effectué précédemment un rapide passage à la Roche à Lomme, au retour d'une journée au Fondry des Chiens situé sur l'autre rive de l'Eau Noire. Changement de programme cette fois avec une visite très matinale pour profiter à la fois d'une belle lumière et de la quiétude des lieux. L'itinéraire monte rapidement en sous-bois pour gagner la crête rocheuse. En cette période de l'année, la flore des pelouses calcaires est bien présente comme l'Hippocrépide à toupet et la Laitue vivace, ou encore le Géranium sanguin et la Mélique ciliée. Ensuite, direction le Nord-Est pour gagner progressivement la la bien nommée Montagne-aux-Buis, en raison de l'abondance de l'arbuste par endroits. Les orchidées ne sont pas en reste, notamment la Plathanthère verdâtre et la Listère ovale. Enfin, une large boucle nous conduira en sous-bois vers une station d'Orchis pourpre, une espèce dont la taille peut atteindre 80 cm.

Mai 2017

D'autres photos illustrant la flore sont proposées ici.

mardi 16 mai 2017

Réserve Naturelle de Viesville (Sillon Sambro-Mosan)

    Il est des endroits que l'on ne foulerait pour rien au monde ou presque et qui se révèlent finalement bien attrayants. Ainsi en est-il de la Réserve Naturelle de Viesville. Située à un jet de pierre d'une métropole au riche passé industriel, en bordure de canal et non loin de l'autoroute, qui aurait pu penser au premier abord qu'elle puisse être digne d'intérêt ? Quelle erreur ! Le site est accessible par de petites routes de campagne et on n'aperçoit pas la moindre trace d'industrie le long du cours d'eau, dont le chemin de halage a été intégré au Réseau Autonome des Voies Lentes (RAVeL). La réserve s'étend sur plus de 50 ha et comprend des biotopes variés : dépressions humides, friches, bois, prairies de fauche de basse altitude ainsi qu'une zone sableuse riche en orchidées. L'avifaune et la lépidofaune sont bien diversifiées et la flore n'est pas en reste.


A la confluence du canal et du ruisseau de Tintia

     Que faut-il de plus qu'une matinée libre et un ciel bleu pour poursuivre la découverte des réserves naturelles de nos régions ? Un petit bout de carte pour cheminer au mieux dans les sentiers, l'incontournable appareil photo, un saut dans la voiture et c'est parti ! A la piste initiale succède un étroit sentier qui monte et descend le long des talus, contourne la vaste prairie où se pratique une agriculture extensive, descend vers le ruisseau de Tintia avant de rejoindre les abords du canal pour serpenter ensuite dans quelques zones de moindre étendue. Le Silène fleur de coucou est bien présente dans les pelouses, l'Aspérule odorante en sous-bois et la Listère à feuilles ovales, une discrète orchidée, non loin du ruisseau. Quant à la Dame-d'onze-heures, elle était - comme son nom l'indique - invisible au petit matin avant de s"épanouir au retour.

Mai 2017

jeudi 6 avril 2017

Réserve Naturelle de Modave (Condroz)

     Dominant de plus de 50 m le Hoyoux, un affluent de la Meuse, le Château de Modave fut édifié au XIIIe siècle. Il perdit son aspect féodal lors de travaux de restauration effectués au XVIIe siècle et qui s'inspiraient de l'architecture en vogue sous Louis XIV. Il appartient actuellement à une société de distribution d'eau qui en exploite le captage en sous-sol. Un vaste domaine préservé s'étend aux abords du domaine sur plus de 400 ha et abritent une très grande variété de sites naturels ou semi-naturels. La faune et la flore sont abondantes et diversifiées, abritant quelques espèces rares notamment de fougères et de chauves-souris. Plusieurs lambeaux de pelouses calcaires ont échappé à la reforestation durant le XXe siècle et abritent diverses espèces d'orchidées comme l'Ophrys abeille. Des fouilles archéologiques menées notamment au Trou Al'Wesse témoignent d'une occupation par l'Homme qui remonte à près de 50.000 ans.


Pelouse calcaire sur les hauteurs du Hoyoux

     Le château et son parc sont facilement accessibles depuis le parking tout proche et quelques centaines de mètres à pied suffisent alors pour en faire le tour. Ensuite, tout est permis ou presque puisque la zone Natura 2000 qui couvre le domaine s'étend bien au-delà du seul site de Modave. Lors de cette première visite du secteur, nous avons opté pour un parcours en boucle de plus de 20 km. Une brève montée en forêt par un étroit sentier fut suivie d'une rapide visite des jardins du château, étonnamment vides en ce matin de printemps. Puis, ce fut la traversée de la pelouse calcaire et la descente vers le Hoyoux. S'ensuivit alors un long cheminement à travers les bois, les prairies et les hameaux aux maisons de pierre, en empruntant sentiers, pistes forestières et routes de campagne interrompues ça et là par des passages à gué. Avec le sentiment étrange, bien qu'en étant non loin de chez nous, de nous trouver ailleurs ...

Avril 2017

mercredi 15 mars 2017

Le Soliat (Jura)

     Culminant à 1464 m d'altitude, le Soliat n'est pas à proprement parler un sommet. Il s'agit en fait du point le plus haut des alpages qui dominent le Creux de Van, un cirque rocheux de plus d'1 km de large situé dans le Jura vaudois. Par sa position sur les hauteurs du Lac de Neuchâtel, il offre néanmoins un panorama étendu sur la chaîne des Alpes. Le Soliat est aisément identifiable par la présence à son sommet d'une croix, de quelques bancs et d'une table d'orientation. En saison estivale, il est aisément accessible depuis la Ferme du Soliat située un peu plus au Nord. L'hiver en revanche, la sortie "raquette" devra être entamée au départ de la Ferme Robert, voire un peu plus bas si la route d'accès est fermée en raison de l'enneigement.


Au pied du Soliat sur fond de chaîne des Alpes
     Lors d'une précédente sortie dans le secteur, le Soliat avait été atteint après avoir parcouru la crête dominant le Creux du Van par l'Ouest. Cette fois, nous avons opté pour un tracé plus direct qui serpente à l'Est au cœur du cirque avant de gagner la crête par le Sentier du Single. Alors que le denivelé se réduit à moins de 100 m au départ de la Ferme du Soliat, il atteint cette fois 500 m environ et la pente est parfois accusée au point que kes pointes avant ne furent pas inutiles en l'un ou l'autre endroit. Après le sommet, la descente s'effectue en parcourant alpages et forêts en pente douce en direction de la Ferme Robert. Neige épaisse au menu mais ni chamois, ni bouquetin, en dépit de très nombreuses traces. Ce sera pour une prochaine fois ...

Février 2017

samedi 4 mars 2017

Dent de Vaulion (Jura)

     La Dent de Vaulion culmine à un peu moins de 1500 m d'altitude au sein du Parc Naturel Régional du Jura vaudois. Ce sommet est sans nul doute celui auquel on accède le plus rapidement en traversant la frontière franco-suisse au départ de Pontarlier. Pour s'y rendre, on franchit la faille de La Cluse et Mijoux, en empruntant la route qui se glisse au pied du Fort de Joux dont l'histoire s'étale sur plus de 10 siècles. Comme le Mont Tendre situé un peu plus au Sud-Ouest, la Dent de Vaulion domine le Lac Brenet, ainsi que le Lac de Joux qu'on longe brièvement avant d'entamer la montée en direction du Col de Mollendruz. Deux parkings distants d'environ 1 km, dont celui de Pétra-Felix, permettent de stationner aisément afin de s'équiper en toute tranquillité.


Signal géodésique de la Dent de Vaulion sur fond de chaîne des Alpes

     Une première ascension de la Dent de Vaulion avait eu lieu quelques années auparavant lors d'une journée où il ne fallait pas mettre un randonneur dehors. Froidure, grésil et vent nous ont en effet accompagné durant toute la sortie et un abri de fortune fut des plus utiles lorsqu'il s'est agi de nous restaurer. Rien de pareil cette fois où le soleil fut de la partie dès le lever du jour. Alors que la précédente sortie fut effectuée au aller-retour, nous avons cette fois opté pour une jolie boucle qui monte en forêt pratiquement en droite ligne vers le sommet. En dépit d'une fréquentation importante au sommet due à un dénivelé modeste, l'isolement fut total au retour grâce à de larges zigzags effectués dans les alpages. Avec, en prime, un Lynx aperçu brièvement. Quelle magnifique région !

Février 2017

mercredi 22 février 2017

Chasseral (Jura)

     Après avoir dû faire l'impasse l'année précédente, retour à Aubonne pour effectuer l'une ou l'autre sortie "raquette" dans le Jura suisse. La neige étant tombée avec parcimonie durant l'hiver, nous appréhendions quelque peu les conditions mais il n'en sera finalement rien. Le premier objectif est le Chasseral qui, à l'inverse des secteurs arpentés précédemment, se situe dans le Canton de Berne. Il culmine à un peu plus de 1606 m, soit une altitude inférieure à celle du Chasseron de quelques dizaines de centimètres seulement. Le Chasseral est situé au centre du Parc Naturel Régional du même nom et domine le Lac de Bienne qui s'étend au Sud-Est. Aisément reconnaissable par la présence au sommet d'une station de télécommunication et facilement accessible l'été par la route depuis le Col du Chasseral, il constitue un lieu fort fréquenté en raison du panorama étendu qu'il offre sur la chaîne des Alpes. Mais ce sommet peut également être atteint depuis la vallée, notamment en empruntant la Combe Grède, une réserve naturelle où chamois et marmottes furent réintroduits voici plus de 50 ans.

Le Chasseral et son antenne de télécommunication

     Ayant fait la route le matin-même, ce n'est qu'en toute fin de matinée que le départ fut donné en direction de la Combe Grède. Cette fissure qui coupe la montagne en direction du Chasseral est équipée de multiples passerelles, échelles et autres câbles. Le soleil éclaire initialement la piste forestière avant de disparaître lorsque la trace se réduit. Outre les éventuelles chutes de pierres auxquelles il faut être attentif, l'endroit devient tout-à-coup plus austère. La progression s'avère également plus délicate en raison de la présence de nombreux passages étroits et entièrement verglacés. Nul doute que cette voie d'accès n'est pas à mettre sous toutes les semelles en conditions hivernales. Ensuite, depuis le Pré aux Auges, l'itinéraire se poursuit en pente douce en contournant le Petit Chasseral par l'Est avant de gagner le sommet du Chasseral non loin du signal géodésique. Le retour s'effectuera en parcourant les alpages et forêts qui s'étendent de part et d'autre de la Combe Grèdepour terminer sous les étoiles après un quinzaine de kilomètres et un dénivelé de 850 m environ.

Février 2017